coloré

Gerald Durrell, Ma famille et autres animaux, traduit de l’anglais par Léo Lack, Paris, Stock, 1979.

« Je ne crois pas qu’il y ait autre chose d’intéressant… Ah ! je n’avais pas remarqué.. voici une assez curieuse larve de phrygane… La voyez-vous ? »
Au fond de la petite bouteille, il y avait une forme allongée, longue de quelque douze millimètres, façonnée dans ce qui paraissait être de la soie et couverte de petites coquilles d’escargots plates, pareilles à des boutons. A l’une des extrémités de cette maison, ravissante se montrait un animal semblable à un ver, à tête de fourmi. Il rampait lentement le long de la bouteille, traînant sa maison avec lui.
« J’ai fait un jour une expérience intéressante, dit Theodore. J’ai pris un certain nombre de ces …euh…larves et leur ai ôté leur enveloppe. Cela ne leur fait aucun mal. Je les ai mises dans des pots contenant de l’eau particulièrement claire, sans rien qui pût leur permettre de construire de nouvelles enveloppes. Puis j’ai distribué à chaque groupe de larves des matériaux de construction de diverses couleurs : aux unes de petites perles bleues et vertes, aux autres de menus morceaux de brique, du sable, et même…euh.. des fragments de verre de couleur. Toutes les larves se façonnèrent de nouvelles enveloppes et je dois dire que le résultat fut très curieux. Ce sont des architectes très habiles. »