Les millions de compatriotes microscopiques

F. V. Raspail, Histoire Naturelle de la santé et de la maladie chez les végétaux et chez les animaux en général et en particulier chez l’homme, Paris, Chez l’Éditeur des ouvrages de Mr. Raspail, 1860,
p. 63.

Enfin, en troisième lieu, on voyait çà et là des larves rouges de sang d’une phrygane ou teigne d’eau, lesquelles ne trouvant pas dans ce petit monde d’autres matériaux pour s’en faire un fourreau, avaient pris le parti d’utiliser dans ce but les millions de compatriotes microscopiques qui s’agitaient dans les eaux ; leur fourreau pyriforme semblait ainsi être tissu de velours. La larve de ces phryganes ne rentrait dans son fourreau que de frayeur ; autrement elle dodinait au dehors comme une chenille arpenteuse, cherchant incessamment pâture là où les bouchées étaient si petites chaque fois.